Ce matin, la route m’appelle. “Me voici”, lui réponds-je. Elle m’enjoint d’emmener Grogu en direction de Coblence.
Quand Grogu se réveille, il y a une forte odeur d’égout dans la salle de bain ; c’est peu agréable. Dehors, il fait un temps magnifique.

Nous descendons prendre le petit déjeuner et préparer quelques sandwiches pour la route. Puis nous allons chercher les affaires et mettons de la crème solaire.
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Dehors, je prépare les vélos comme on sellerait un âne. Puis nous partons.
Trois minutes plus tard, je lève les yeux et vois un panneau indiquant Coblence. Nous continuons.
Grogu m’interpelle : “Papa ?”, et je réponds “Me voici, mon fils”.
“Combien de kilomètres aujourd’hui ? Il y aura des montées? Du vent de face ?” me demande-t-il.

“Tu verras bien sur la route”. Moi, je sais que nous nous dirigeons vers la Moria. Il me fait confiance.
En réalité, je sais que tout ira bien. La route peut faire peur, le tout est de lui faire confiance. Et de se faire confiance.
De fait, vu que vous lisez ces lignes, c’est que tout c’est bien passé.
Et l’important c’est d’être ensemble, pas de faire une performance spectaculaire ou de se faire mal.
Le décor change peu pour l’instant par rapport à hier, et on a un bon rythme, environ 19-20km/h. Et mon Grogu pédale tranquillement derrière moi.

Nous passons par un petit tunnel dans lequel coule un ruisseau, et ça sent les égouts exactement comme à l’hôtel. Ce qui vous donne une idée de l’impression que nous a laissé cet établissement.
Vers Namedy, la piste cyclable quitte les bords du fleuve pour traverser un village. Après quelques kilomètres à travers champs, nous arrivons à Andernach. Je me souviens avoir mangé une glace dans ce village, il y a trois ans.
Pour l’heure, on s’assoit dans un parc pour manger les sandwiches de l’hôtel : concombre-œuf dur pour Grogu et fromage-houmous pour moi. Et c’est très bon.

La pause s’allonge avec Grogu qui joue en ligne avec un copain de sa classe, et moi qui bouquine un peu. Puis on repart, il nous reste environ 20km. Il n’y a plus vraiment de villages à traverser, juste de la campagne le long du fleuve.
On se sent davantage dans la nature et le silence. Grogu en profite pour prendre le temps d’observer le fleuve ; il me dit que c’est le genre de paysage qu’il préfère.



Je lui demande comment ça va, et j’entends la réponse suivante : “mon cul est en morceaux”.
Enfin, Coblence. On traverse la Moselle. Sur Deutsches Eck (il s’agit de la pointe de terre où se trouve le confluent de la Moselle et du Rhin), des enfants jouent à l’eau dans un parc.

Et l’hôtel est juste là.

C’est dans cet hôtel que j’avais dormi il y a trois ans. Je me souviens du fabuleux petit déjeuner, et c’est en pensant à Grogu que j’ai fait une réservation ici : il adore les petits déjeuners des hôtels.
Un peu de repos dans la chambre, puis on ressort pour prendre le téléphérique. Celui-ci traverse le Rhin et mène au somment d’une colline sur l’autre rive, où est construite la Forteresse d’Ehrenbreitstein, un ouvrage militaire construit du temps de la Prusse au XIXème siècle.



Tout cela ne nous intéresse que moyennement, à vrai dire, d’autant que nous avons une journée de vélo dans les pattes et que la faim pointe le bout de son nez.
Le point d’orgue de la visite, c’est essentiellement le point de vue sur la ville et sur Deutsches Eck.

On redescend et on s’attable à un restaurant juste à côté de l’hôtel. Typiquement allemand : on commande des spätzles, ces pâtes aux œufs qu’on trouve dans le sud du monde germanique.
En attendant les plats, Grogu commence à lire Robinson Crusoë sur ma liseuse. C’est très bien, ça le change de son téléphone.


C’est typiquement allemand, donc très bon mais aussi très copieux. Lorsque nous quittons le restaurant, les assiettes sont loin d’être finies.
Après le repas, Grogu joue un peu sur le quai, pendant que je bouquine. Une dernière photo, et on va au lit.

C’est tout pour le moment, la suite viendra plus tard.
Pour l’heure, je suis de nouveau sur le vélo.
Bilan de la journée:
- Distance : 47,39km (cumulée 108,13km)
- Temps de pédalage : 2h48 (cumulé 6h32)
- Dénivelée: 169m (cumulée 338m)
All the times that I’ve cried
Keeping all the things I knew inside
It’s hard, but it’s harder to ignore it
If they were right I’d agree
But it’s them they know, not me
Now there’s a way
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