Un dimanche matin de juillet, nous voilà à la fin des préparatifs avant le départ — un nouveau voyage à vélo, cette fois avec un petit équipier à mes côtés.
Dans l’après-midi, nous partons pour la gare centrale de La Haye. Grogu revient déçu du point presse : il n’a pas trouvé le magazine Lego qu’il cherchait.

Pour le repas du soir, en revanche, il part tout seul, comme un grand, acheter ses sushis chez Albert Heijn avec ma carte. Je le vois lever les bras en signe de victoire lorsque la caisse crache le ticket.
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À Utrecht, nous montons dans le train pour Cologne. Je mange ma salade tandis que Grogu s’enfile ses trois boîtes de sushis.

Puis il regarde des vidéos sur son téléphone et rigole comme un bossu devant des trucs dont l’humour m’échappe.
Bienvenue, papa, au royaume des vieux cons. Voilà tes lunettes de lecture et tes comprimés suppléments fibres.
À Cologne, nous somme accueillis par la cathédrale — si grande qu’il faut lever les yeux au ciel pour voir la flèche — puis par l’hôtel, à quelques minutes de là.

Le lendemain, pendant que Grogu termine sa nuit, je fais un peu de méditation. Il se réveille un peu plus tard, mais ne semble pas prêt à bouger.

Nous finissons par descendre prendre le petit déjeuner, au cours duquel il ingère une quantité pantagruélique de bouffe. Au vu des assiettes qu’il ramène du buffet, je supppose qu’il a les yeux plus grands que le ventre. Mais au final, non. Bon. Il a douze ans, c’est normal.

Quant à moi, je mange léger et prépare quelques petits sandwiches pour la route.
Un lavage de dents, les derniers préparatifs, et nous voilà partis. Une gentille dame nous prend en photo devant la cathédrale, puis c’est le début du chemin, le long du Rhin vers le sud.

Des images reviennent : je suis passé par là il y a trois ans, sur le même vélo — Gandalf le Vert. (Grogu, quant à lui, n’a pas voulu donner de nom à son vélo).

Les kilomètres passent vite, mon petit compagnon a de bonnes jambes (12km quotidiens pour aller et revenir de l’école) et un bon rythme.

À Bonn, le compteur affiche 35km. Un détour nous mène vers le centre ville et nous nous asseyons en terrasse d’un café. C’est là que je remarque que Grogu a la mine austère et silencieuse de la fatigue. Je le laisse bricoler sur son téléphone pendant que nous attendons les sandwiches (pesto-avocat pour lui et dinde-salade pour moi).

Non loin de là, un musicien joue du violon, et ses notes inondent toute la rue. Je reconnais le Canon de Pachelbel et les Quatre Saisons de Vivaldi ; il suffit de fermer les yeux et d’écouter la musique résonner pour s’imaginer assister à un concert dans une église.
Dépourvu de monnaie, j’offre à ce violoniste un café et un cookie.
Je reconnais aussi le quartier où j’avais dormi il y a trois ans. C’était une chambre dans une location Airbnb. Une chambre de Bonn, en somme.
Les sandwiches finissent par arriver — et franchement, on a attendu longtemps. Le mien est très bon, mais malheureusement pour Grogu, le pesto qui inonde le sien n’est pas terrible. Ce pesto a le goût de savon de celui qu’on trouve chez Albert Heijn, si bien qu’on finit par se partager le sandwich à la dinde.

On reprend ensuite la route, malgré la fatigue du Grogu. Fier du nouveau support de téléphone que j’ai installé sur son guidon, il écoute ses podcasts pour passer le temps. On fait quelques pauses de temps à autre, mais il se plaint “d’être épuisé et d’avoir mal au cul”.

Il est cependant courageux et persistant : le compteur indique 60km quand nous arrivons à l’hôtel, à Remagen. C’est la plus longue distance qu’il ait jamais parcourue à vélo, et il a néanmoins roulé à un rythme plus que respectable au vu de son expérience.
Après un peu de repos et de cahier de vacances, on quitte l’hôtel pour les bords du Rhin, là où se trouvent les restaurants. En chemin, il a droit à un magazine Lego opportunément trouvé à la gare.



Après le restaurant, nous rentrons à l’hôtel. Grogu est surtout intéressé par les figurines Lego. Le magazine étant intégralement en allemand, il n’en veut pas — je le donne donc à un gamin dans la rue, lequel est ravi.
Nous sommes rapidement de retour à l’hôtel, et c’est tant mieux car le lit nous appelle.
Bilan de la journée:
- Distance : 60,74km
- Temps de pédalage : 3h44
- Dénivelée: 169m
I saw Adam leave the garden with an apple in his hand
I said « Now you’re out, what are you gonna do? »
« Plant some crops and pray for rain, maybe raise a little Cain
I’m an orphan now, and I’m only passin’ through, so are you »
Passin’ through, passin’ through
Sometimes happy, sometimes blue
Glad that I ran into you
Tell the people that you saw me passin’ through
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