Taste the sun: on se casse

Jeudi 19 décembre 2024, je retrouve Bo-Katan à l’aéroport d’Amsterdam. On décide, d’un commun accord, d’aller nous asseoir dans un gros avion de la KLM.


J’aime bien les gros avions. Ils sont comme les messagers d’un univers lointain et presque inaccessible ; des portes vers d’autres mondes où les repères nous sont inhabituels et dans lesquels le temps s’écoule différemment.

Une fois, à l’aéroport de Londres, j’ai regardé un alignement d’appareils de South African Airways, Qantas, Air New Zealand, et je les voyais comme, plusieurs siècles plus tôt, des navires français, espagnols ou britanniques dans un port asiatique ou sud-américain.

Après, il y a des inconvénients inévitables : leur empreinte carbone, ou bien — là, vous me direz qu’on est dans la science-fiction totale — leur rôle dans la diffusion d’un virus à l’échelle planétaire.

Read the present article in English

Bref. L’avion décolle et onze heures plus tard, nous voilà arrivés à Bangkok, en Thaïlande. Entre temps, on a mangé un riz-poulet et on a regardé “My Penguin Friend”, un film trop chouchou sur l’amitié (histoire vraie) entre un pingouin de Magellan et un pêcheur brésilien.

Les occupations habituelles des vols intercontinentaux : manger et regarder des films

On grappille également quelques heures d’un sommeil prometteur (prometteur, vous vous en doutez, d’une bonne tête dans le c*l).

Arrivée à Bangkok

Bangkok ! Ville orientale…
Mais la ville sait pas ce qu’elle reçoit
La crème de la crème du monde des échecs
Dans un spectacle avec tout sauf Yul Brenner.

Que c’est kitsch

À l’aéroport Suvarnabhumi (prononcez “Soo-var-na-boo-mi”), on récupère la valise de Bo-Katan, la mienne ayant décidé de rester à Amsterdam, puis on prend un taxi pour aller à l’hôtel en centre-ville.

Il est intéressant de constater que dans ce taxi, il est interdit de :

  • Fumer
  • Lire ou regarder Le Seigneur des Anneaux
  • Boire dans un verre dépassant la moitié de la hauteur de la bouteille
  • Amener un chien
  • Pratiquer un massage cardiaque
  • Amener un couteau et une arme à feu (l’un ou l’autre, c’est autorisé)
  • Amener une chèvre folle.

Une fois arrivés à l’hôtel, je ne vous cache pas que les heures suivantes se déroulent dans un relatif brouillard. Les photos sur mon téléphone indiquent néanmoins que nous sommes allés manger dans une gargote au coin de la rue.

Sur le menu : des intestins de porc ou des becs de canard frits
Repas

À la tombée de la nuit, les idées un peu remises en place par une sieste, nous allons déambuler dans un des nombreux marchés de la ville (Jodds Fair).

J’y achète un t-shirt et quelques paires de chaussettes (dont des chaussettes M&M’s taille unique que je compte donner à Grogu), en attendant l’arrivée de mon sac.

Jodds Fair Market

Ensuite, on teste un peu de nourriture inconnue comme du jamalac, un fruit très frais, juteux, avec un croquant qui rappelle la pomme. On passe notre chemin devant des stands qui vendent toutes sortes de choses bien trop exotiques pour nous, comme des insectes ou des scorpions.

Jamalac
De bien grosses crevettes
Brochettes de crocodile
Poulpes frits
Brochettes de poulpe
Scorpions frits

Bref, au final on reste sur le tout-venant et on laisse le bizarre aux autochtones.

En même temps, scorpions, crocodile, insectes, c’est peut-être plus du folklore qu’autre chose : personne ne semble en acheter.

Puis on rentre se coucher.


CANNES BANGKOK, DEUXIÈME JOUR, 9:30 AM

La balise que j’ai mise dans mon sac n’est plus à Amsterdam mais quelque part en Birmanie. J’en déduis que mes affaires sont en route et que je les aurai dans la journée. C’est bien, parce que mes vêtements vont finir par sentir la ligne 13 du métro parisien (HIDALGO DÉMISSION !!!).

L’intérêt de la journée, c’est quand même notre visite avec une guide (elle s’appelle Som) rien que pour nous.

Bangkok

Ça commence par le Grand Palais. Il a été construit au XVIIIe siècle par le roi Rama Ier (le roi actuel est Rama X) ; il a l’air neuf car il est régulièrement restauré à l’identique. Ce n’est plus la résidence officielle du roi.

Portrait du couple royal
Tombes des rois précédents

Le Grand Palais comprend plusieurs ensembles, dont le Temple du Bouddha d’Émeraude (Wat Phra Kaew). Il est interdit d’y prendre des photos. À l’intérieur se trouve une statue du Bouddha en émeraude couvert d’un costume d’or. Il y a trois costumes, un pour chaque saison (été, hiver, saison des pluies) et seul le roi peut changer le costume.

Une partie du palais est d’inspiration européenne. C’est dû au roi Rama V (règne de 1868 à 1910) qui a voyagé en Europe et en a ramené des éléments d’architecture, ainsi que des systèmes politique et d’éducation. Som nous explique que cela a fait de la Thaïlande un des rares pays de l’Asie du Sud-Est à n’avoir pas été colonisé.

Palais
Détails des palais
Détails des décorations

Ensuite, un bateau nous fait traverser le fleuve Chao Phraya pour aller voir le temple Wat Arun, ou Temple de l’aurore.

Temple de l’Aurore

Ce temple est décoré avec de la porcelaine de Chine. Beaucoup de Thaïlandais viennent se faire photographier en costume traditionnel.

Décoration
Séance photo
Statue chinoise
Temple de l’Aurore

C’est un décor tellement exotique que je m’attends à tomber sur Tintin dans une de ses aventures (genre “Tintin et les mystères de Siam”). Ou sur les Dupont-Dupond habillés en costume traditionnel (comme dans Le Lotus Bleu où ils croient passer inaperçus alors que tout le monde se fiche d’eux).

Il est fait mention de ce temple dans le premier couplet de la chanson Royaume de Siam de Gérard Manset. Notez que cette chanson, qui date de 1979, est bien plus mystique et envoûtante que la pop sirupeuse et kitschissime de One Night in Bangkok de Murray Head (sortie en 1984 — voir plus haut), et a bien mieux vieilli.

Som nous emmène dans un petit restaurant pour manger, devinez quoi ? Mais non voyons, pas des gencives de porc ! Une crème glacée à la noix de coco pour Bo-Katan, et pour moi un riz gluant à la mangue. Je sens que ce truc va devenir mon nouveau dessert préféré.

Dernière visite, Wat Pho, un temple dans lequel se trouve une statue du Bouddha allongé. Oui, car le Bouddha, malgré son statut sacré, est un homme, et donc on le voit représenté en train de dormir, de manger ou de se reposer.

Bouddha allongé
Bouddha allongé
Temple
Emmanuel Macron et le chef de l’ordre des moines bouddhistes de Thaïlande. Notez que “Président du Conseil” est un titre qui date de la IVème République, le dernier ayant porté ce titre étant Charles de Gaulle en 1958.
Alignement de statues du Bouddha

Devant les alignements de Bouddhas, je demande à Som quel est le but de la méditation pratiquée par les thaïlandais. Elle m’explique qu’il s’agit de trouver “la paix intérieure”, ou alors “quand on a un problème et qu’on réfléchit trop, pour trouver une solution ou bien lâcher prise”. Ces bouddhistes ont tout compris.

Bouddha

De retour à l’hôtel, je récupère mon sac qui est arrivé, et pour le soir on va manger dans un restaurant incroyable.

Restaurant

Déjà, le cadre est exceptionnel. On a l’impression de changer de lieu et d’époque en passant la porte.

Terrasse

On se partage un curry de poulet, des nouilles au crabe, un bouillon aux crevettes et au pamplemousse, plus un riz aux crevettes et aux noix de cajou.

Salade et curry
Salade pamplemousse-crevettes
Riz aux crevettes et noix de cajou avec araignée de mer

C’est juste délicieux. Le lieu a ouvert deux semaines plus tôt ; j’espère bien pour eux que, dans quelques mois, ils seront pleins à craquer.


BANGKOK, TROISIÈME JOUR

Ce matin, au petit déjeuner, je mange un morceau de gâteau au pandan et c’est pas top.

Gâteau au pandan

Le pandan est une plante tropicale ; j’ai découvert ça aux Pays-Bas sous la forme d’un gâteau multicouche appelé spekkoek, que l’on trouve généralement dans les restaurants indonésiens, et auquel Bo-Katan se réfère sous l’appellation “le gâteau vert dégueu”.

Spekkoek au pandan, à droite

Puis, on va à IconSiam, un gigantesque centre commercial avec environ 580 boutiques. Pour comparaison, le Forum des Halles à Paris en compte 150.

On explore le food court et ses nombreux restaurants, puis on grimpe les étages. C’est sans fin ; ça me fait penser à Marcovaldo au supermarché. On achète des bricoles pour la famille.

Décoration
Étages d’IconSiam

Au huitième étage, il y a une fontaine dont l’eau forme des dessins et des inscriptions ; à l’extérieur, une terrasse avec une vue sur la ville.

Vue depuis la terrasse

Depuis la terrasse, on entend en permanence la musique de la série Squid Game, dont la pub de la dernière saison est omniprésente dans la ville. Bo-Katan, fatiguée mais aux anges, sirote tranquillement un café.

Terrasse nocturne

Le retour à l’hôtel est compliqué, on a quitté le centre commercial presque à l’heure de la fermeture et les rues sont encombrées de voitures. Le taxi met longtemps à arriver, et longtemps à nous ramener.


BANGKOK, QUATRIÈME JOUR

Lever à 4h00 du matin pour être à l’aéroport à 5h30 et prendre un vol pour Krabi.

Le terminal pour les vols intérieurs est assez décati et vide. On dirait qu’il n’a pas été rénové depuis les années 90 ; ce qui est d’autant plus ennuyeux que l’aéroport a ouvert en 2006.

Et pendant qu’on attend l’avion, les lecteurs du présent article attendent la suite. Qui viendra plus tard.


Crédits :


When all was said and done
All was said and all was done
‘Til next time…

In hard times, we wait for the sun to shine
In dark times, we wait for the sun to shine on
We taste the sun

4 commentaires sur « Taste the sun: on se casse »


  1. vite la suite ….

    Magnifique voyage et comme d’habitude un commentaire de haut niveau. De très belles photos. Assurément un voyage qui restera un très beau souvenir d’autant qu’il se déroulait en charmante compagnie. Un regret: Pourquoi avoir renoncé au vélo pour y aller? Tu aurais eu ton sac à l’arrivée!😂

    J’aime

Répondre à Renee Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *