Aujourd’hui, encore une bonne journée. Mercredi 4 septembre : Berlin, 113km.
Ce matin, avant de partir, je discute un peu avec Niklas, le propriétaire des lieux.
Je lui demande si la fabrique de miel était autrefois un lieu dédié à l’apiculture. Il me dit que non, on faisait du miel artificiel, à base de saccharose. Ce miel était un produit de substitution au véritable miel, lequel était rare et cher.
Y avait-il peu de fleurs en RDA ? C’est peut-être parce qu’il était interdit de les arroser : ça faisait rouiller les micros posés par la Stasi.
À Wittenberge la production a commencé en 1907 et s’est poursuivie jusqu’en 1929. Il me semble avoir compris que l’activité de l’usine a repris sous la RDA, mais je n’en suis pas sûr.
Dans tous les cas, le miel artificiel était un produit courant en Allemagne de l’Est. Ça rappelle la saccharine, l’édulcorant artificiel du roman 1984.

Je quitte la ville en suivant l’Elbe, le long d’une ancienne zone industrielle appelée “le moulin à huile”, qui produisait de l’huile à partir de produits agricoles comme du lin, du colza ou de la betterave.
La production s’est arrêtée en 1991 et au début du 21ème siècle, le lieu a été converti en espace de loisirs avec en particulier un hôtel, un spa, un restaurant et une brasserie.

Aujourd’hui, nettement moins de digues que les jours précédents, mais je longe encore brièvement l’Elbe : toujours beaucoup d’eau et de nature.
Je quitte alors l’Elbe et commence à rouler le long de la Havel, un affluent de l’Elbe. Comme hier, je passe la matinée à rouler en m’arrêtant au minimum.



Peu avant midi, j’arrive à Havelberg, un peu fatigué et l’estomac dans les talons. Une fête foraine se prépare, il y a encore peu de monde et seuls quelques stands sont ouverts.

Je mange un morceau, une petite assiette de patates sautées. Un vendeur de boissons, à qui je montre la photo de la voiture russe de la veille, me dit que dans le coin il n’y a plus vraiment de nostalgie pour la RDA et que les véhicules datant de la guerre froide sont plutôt le fait de collectionneurs et d’amateurs.
Peut-être aussi parce que c’est bon marché : pour doubler la valeur d’une Trabant, il suffit de faire le plein.


À Havelberg, je continue dans la campagne. Finies les digues, l’Elbe file vers le sud et la Havel est une rivière bien plus modeste.
Puis rapidement, fin du chemin le long de la Havel.
C’est la campagne, des champs et en cette saison il n’y a que du maïs tout sec et des tournesols qui font la gueule.


Il fait très chaud et alors que je roule près d’un champ de maïs, j’entends un “pop !”, puis un autre, et je réalise que je champ entier est en train de se transformer en pop-corn. Alors ça c’est pas banal comme spectacle.

À Rhinow, je rentre dans une concession automobile et une employée pleine de compassion m’indique les toilettes pour que je puisse remplir mes bidons.

Un peu plus loin, je me pose en terrasse d’un kebab avec un Fanta. Je n’ai pas faim du tout avec cette chaleur. Moins drôle, je commence à voir des affiches de l’AfD pour les élections régionales qui auront lieu le 22 septembre.
Après le village, c’est à nouveau des champs et des forêts. Pas extrêmement varié, je compense avec de la musique.

À Görne, un coin à l’ombre me permet de faire une pause. La route, s’enfonçant une forêt bien dense, devient un peu plus plaisante.
À Haage, j’hésite à m’acheter des chaussures.

Toujours aussi droitier, de nouvelles affiches de l’AfD, proposant de renforcer les frontières. C’est vrai que des frontières il n’y en a pas eu assez dans le coin…

A propos d’élections, on raconte qu’à l’époque de la RDA, à la suite d’un cambriolage au ministère de l’intérieur, il avait fallu annuler une élection à venir : les résultats du scrutin avaient été volés par les cambrioleurs.
La journée commence à être longue. Encore quelques champs, un village au nom de personnage d’Astérix (Groß-Behnitz), et je termine par la traversée d’une forêt dans un chemin bien pourri mais pour lequel mon vélo est parfaitement adapté. C’est bien agréable et malgré les plus de cent kilomètres que j’ai dans les pattes, il me reste un peu d’énergie.

J’arrive enfin à l’hôtel, lequel fait également restaurant : très bien. La dame me dit que la cuisine ferme à 21h ; je lui réponds qu’à 21h je serai certainement au lit.
La chambre est parfaite et il y a même un écran au mur — je ne sais pas à quoi il sert, mais c’est bien pratique pour faire sécher mon linge.

Je passe un coup de fil à un Grogu peu bavard, puis je vais dîner tranquillement. Contrairement au monsieur de la fête foraine, la serveuse me dit qu’il y a encore de l’Ostalgie (contraction des termes allemands “Ost” et “Nostalgie”), surtout près de la frontière polonaise et de la mer Baltique.

Je retourne à la chambre et je passe un bout de la soirée à papoter avec Bo-Katan. Puis je mets la viande dans le torchon. Demain, je vais rouler essentiellement en ville.
Bilan de la journée:
- Distance : 113,58km (cumulée 310,50km)
- Temps de pédalage : 5h31 (cumulé 14h58)
- Dénivelée: 235m (cumulée 485m)
איך זה שאני כזה בחור נחמד ו…
הביקוש לנחמדים כל כך ירד ש…
תפסתי איזה גל כך לבינתיים
ופיתחתי לעצמי סטייה או שניים
לנסוע על 180
לחכות שבוע בקופת חולים
לנסות לכתוב בחרוזים
למה מה קרה
למה מה קרה
למה מה קרה
למה מה קרה
Encore une belle étape et de bons coups de pédales !
Merci pour toutes ces informations intéressantes que tu nous donnes sur l’Allemagne !
J’ajouterais que la saccharine était utilisée comme substitut du sucre, qui était rationné durant la 2e guerre mondiale. Mais mes parents disaient que son goût n’était pas bon !
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Encore un beau parcours !
Bravo pour la distance parcourue.
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Bravo. Quelle énergie !
on est admiratifs de tous ces kms avalés.
Bonne continuation.
Bises.
Chris et Claude
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une fois de plus Bravo. Une étape particulièrement longue, peu abritée du soleil, sous la chaleur. Merci de nous permettre de t’accompagner.
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