Marble Skies : de Kuhmühlen à Hambourg

Dernier jour, dernier réveil, dernier départ.


Nuit bien mais pas top malgré le cadre et un lit très confortable. Au petit déjeuner le cadre est très chouette, avec vue sur la forêt.

Vue depuis la salle du petit déjeuner

Le buffet n’est pas en reste, tout est délicieux et il y a même des harengs : voilà qui plairait à mon papa.

Berk

Je confectionne mes sandwiches pour la journée, récupère mes affaires dans la chambre, prépare le vélo et au moment où je suis prêt, il s’est mis à pleuvoir. Le temps que je mette mes vêtements de pluie, celle-ci a cessé, et je ne verrai plus une goutte de la journée.

Vélo sur le départ
Pluie

Marcel Gotlib, expert reconnu de la loi de Murphy, avait l’avait expliquée en ces termes lors d’une interview sur France Inter : “la loi de Murphy, c’est ‘quand ça peut merder, ça merde’. Par exemple, vous êtes en avion et c’est au moment où il y a des turbulences qu’on vous sert le café.”
“Le corollaire de la loi de Murphy, c’est ‘même si ça ne devrait pas merder, ça merde quand même’. Ce qui veut dire qu’en avion, c’est le fait qu’on vous serve le café qui va provoquer les turbulences.”

Ceci dit, l’an dernier sur les six jours entre Francfort et Munich, j’avais bien pris ma veste de pluie, et je l’ai portée cinq jours. Un jour à cause du froid et quatre à cause de la pluie.

Notez que Marcel Gotlib n’a jamais reçu le prix Nobel pour ses travaux sur la loi de Murphy (relisez la Rubrique-à-Brac pour plus d’info), ce qui est proprement scandaleux.

Pendant ce temps, la distance jusqu’à Hambourg diminue. Les paysages, eux, ne changent pas beaucoup. Les petits villages, les routes bordées d’arbres, les champs de blé et de maïs.

Alors ça je ne sais pas ce que c’est. De loin on aurait dit un chamois.
Encore des champs

Dans la petite ville de Heidenau, je tombe sur un magasin appelé Grimm. Il y a des lutins dans la vitrine, et ça me laisse penser qu’il s’agit là de la Grimm Académie, un podcast d’histoires pour enfants.

Grimm

Je vous recommande l’écoute de la chanson “Les douze présents de Dame Trude”, que Grogu aime écouter en rigolant et en chantant par-dessus. Ça nous ramène au tour des Bauges.

Je traverse ensuite un petit bois appelée le “Forêt des mariages”. Et effectivement ce jour-là il y a deux renards en train de se marier. C’est mignon comme tout, et comme on m’autorise à faire une petite vidéo, je vous la mets ci-dessous.

Après, dans le village suivant, mon téléphone a sonné mais je n’ai pas pu répondre : j’étais déjà en plein appel. Lol.

Cependant la route continue au milieu des champs.

Ai-je retrouvé la botte de Staline ?

Avant d’arriver à Hambourg, je dois traverser un parc forestier, Buchenwälder im Rosengarten. Ça me permet de de quitter la route que je suis censé longer, pour des chemins au milieu des arbres.

Bon, ça reste assez facile. Mais c’est bien plus sympa que de rouler à côté des voitures, et en plus il y a un peu de dénivelée à se mettre sous le pied.

Enfin, un panneau m’indique que je ne suis plus très loin.

Bientôt l’arrivée !

HH” signifie “Hansestadt Hamburg”. “Hanse” se traduit en français par “hanse”.

Nous voilà bien avancés.

Rensignements pris, d’après le Larousse, une hanse est, “au Moyen Âge, [une] association de marchands parfois groupés en guildes, dans le nord de l’Europe.” En allemand, on retrouve ce terme dans le nom de la compagnie aérienne Lufthansa.

Notez qu’alors que je rédige le présent article, je reçois un mail de pub pour le parfum FEU magicien.

Imaginez. Vous préparez un voyage à vélo des Pays-Bas à l’Allemagne. Vous avez votre parfum. Vous acquérez l’endurance, l’enthousiasme et la détermination qui vous permettraient d’atteindre Hambourg. Arriver au bout serait une victoire.

Au lieu de ça, vous partez sans le parfum et vous arrivez malgré tout, démontrant par là même que le parfum ne devrait pas s’appeler FEU Magicien mais AIR Charlatan puisque tout ça c’est du vent.

Entrée dans la ville

Hambourg étant la deuxième ville d’Allemagne, il me reste deux heures pour arriver au centre ville, à travers….

Un quartier cossu
La traversée d’un bras de l’Elbe

Dans un parc, un petit vieux marche au milieu de la piste cyclable. Je le préviens avec ma sonnette, laquelle fait un petit ding qui ressemble aux notifications de WhatsApp. Et là je vois le monsieur sortir son téléphone de sa poche.

Enfin, c’est le quartier de la gare centrale. De là, je traverse une bonne partie de la ville pour aller au quartier St Pauli. En chemin, il y a l’église St. Nikolai ; enfin, ce qu’il en reste car elle a été bombardée en 1943.

Église St. Nikolai
Église avant/après les bombardements

C’est aujourd’hui un mémorial dédié aux victimes des déportations par les nazis, et aux habitants de la ville décédés durant les bombardements alliés.

Wikipédia nous apprend que les Alliés ont délibérément visé les civils afin, d’une part, de cibler les gens travaillant pour l’industrie militaire (considéré comme plus efficace et plus facile que d’essayer de détruire les usines elles-mêmes), et d’autre part, de démoraliser l’ennemi.

J’y ai vu aussi une exposition temporaire consacrée à la propagande en temps de guerre. Il est également indiqué sur le sol de l’église que le siège de la Gestapo se trouvait à Hambourg, de 1935 à 1943.

Dans le quartier de St. Pauli je vais à Beatles Platz, là où se trouvait le club où les Fab Four ont commencé leur carrière.

Beatles Platz

Ledit club n’existe plus. Mais ceux qui se situent dans la rue entretiennent visiblement la légende.

Le Star Club, celui des Beatles, se trouvait au 37.

Bon, après, tous les clubs de la rue ne sont pas consacrés à la musique, et le quartier me fait un peu penser à Pigalle, mais sans les magasins de guitares.

Ensuite, direction la gare centrale : mon hôtel se trouve juste derrière.

En chemin, un repas en terrasse avec, vu que je suis à Hambourg, un hamburger. Délicieux.

Miam miam

Finalement, je traverse la vieille ville, le long du lac Binnenalster et c’est très beau et tranquille. Sur une des rives, il y a un Pride LGBT avec des stands et des boum-boum-boums.

Binnenalster
Binnenalster
Musique

Enfin, c’est l’hôtel, avec une chambre minuscule, il y a juste la place le lit et mes sacoches au sol. Je pense qu’une cabine individuelle en train de nuit offre davantage de place.

Cage à lapin

Le quartier de la gare c’est moins Pigalle et un peu plus Château Rouge. Il y a un LIDL, ce qu’il m’aurait permis de respecter la tradition taboulé/salade de pâtes, mais je n’ai plus faim.

Beaucoup de punks à chiens dans le coin, ce qui doit s’expliquer par la proximité de la gare. Personnellement, je préfère les punks à chats, lesquels sont plus propres et ont remplacé la 8.6 par du lait-fraise.

Le lendemain, c’est retour au bercail et début des vacances avec Grogu. En attendant la suite…


Bilan de la journée:

  • Distance : 78,65km (cumulée 420,56km)
  • Temps de pédalage : 4h22 (cumulé 21h32)
  • Dénivelée : 434m (cumulée 1668m)

Crédits :

  • L’image de l’église St. Nikolai : Wikipedia

Never really read between the lines
Never heard a word or saw the signs
There were just a few who always knew
That rain would follow marble skies

Rolling in the darkness of your mind
Colouring the water of your life
Look across the plain, the shadow
Soon the fields will bloom again someday

Take us as we are
We have gone too far
Let the water rise
We are following marble skies

2 commentaires sur « Marble Skies : de Kuhmühlen à Hambourg »

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