Lose My Mind : toujours plus à l’est

Cette fois-ci, encore à l’est. Un peu plus et je vais finir sur la Route de la Soie.


Le week-end dernier, une météo incroyablement clémente, avec du soleil du début à la fin : l’occasion de faire du vélo. Samedi, une petite balade dans le coin, marquée simplement par un coup de flemme en cours de route.

La flemme de sortir le cadenas du sac quand on va aux toilettes.

Donc, encore une fois, direction l’est, avec un départ aux aurores direction Meppel. Ce n’est pas une grande ville et rapidement c’est la campagne.

Il faut dire aussi que Meppel est située en Drenthe, province peu peuplée et rurale. Au début, je longe des champs en bordure de la ville.

Proche de Drenthe

Cette fois-ci, j’ai emporté de la musique. Alors, je me refais le concert de Metallica auquel j’ai assisté et dont j’ai acheté l’enregistrement. Je pédale et en écoutant la musique qui naissait sous mes yeux, à Amsterdam, il y a quelques semaines, je me sens projeté dans ce moment, dans cette expérience spéciale partagée avec qui vous savez si vous avez lu l’article précédent.

C’est aussi à ce moment que je croise une cigogne dans un champ. Beaucoup de cigognes en ce moment.

En promenade

Un peu plus loin, finis les champs, début de la forêt, avec des chemins de terre et de sable sillonnant tranquille sous les arbres.

Mon itinéraire m’emmène vers une piste qui me semble assez sablonneuse. Un gentil monsieur arrivant en sens inverse avec son chien m’indique que la route est très meuble et me déconseille de continuer par là. Je choisis donc un détour par la piste cyclable goudronnée.

Route sablonneuse

Un peu plus loin, je m’essaie à un chemin qui semble un peu plus tassé, mais c’est bien difficile. C’est toujours moins pénible que les pavés de la forêt d’Ermenonville.

Piste un peu moins sablonneuse

Au sortir de la forêt, je tombe sur un champ où paissent des vaches. Deux d’entre elles s’approchent de moi avec curiosité. Je percute alors que je porte un maillot estampillé Pays de Savoie et qu’elles veulent sans doute des nouvelles de leurs cousines Tarines. J’ai prévu d’aller à Val d’Isère cet été, je transmettrai quelques messages.

“Un cycliste ! Ça change des trains”

J’arrive ensuite à la ville d’Ommen, qui semble jolie et bien paisible.

Ommen

Il est midi mais notez que si j’étais arrivé au crépuscule, ça aurait fait Twilight Ommen.

À Ommen, je trouve un morceau de squelette de dinosaure. Je pense qu’il s’agit d’un reste de Mosasaure : en écoutant le podcast Bestioles en compagnie de qui vous savez, j’ai appris que les premiers restes découverts de cet animal l’ont été aux Pays-Bas.

Squelette de Mosasaure à Ommen

Je profite de la ville pour m’accorder une pause sur un banc et manger un morceau, à proximité du Mosasaure, face à une petite rivière.

Au sortir de la ville, plus de forêt mais de la lande, sur un chemin bordé d’arbres. Ça va vite.

Chemin dans la lande

Cependant, les choses changent rapidement : je retrouve une piste de sable en bordure d’un canal. C’est fastidieux et interminable. Points positifs, je vais sans doute bétonner mes cuisses ; et comme j’avance plus lentement, je suis moins gêné par le vent pour écouter de la musique.

Chemin de sable

J’ai changé de registre : il y a quelques semaines je suis allé voir un groupe appelé The Dire Straits Experience, groupe qui joue exclusivement des reprises de Dire Straits. Il comprend notamment Chris White — saxophoniste du groupe originel entre 1985 et 1992. Ça rappelle les cassettes qui tournaient dans l’autoradio sur la route des vacances.

Le chanteur est extraordinaire, avec le même jeu en picking que Mark Knopfler (en pinçant les cordes sur la guitare, les doigts de la main droite pliés de façon à se payer une bonne tendinite), le même phrasé et une voix assez similaire.

Différences quand même : davantage de cheveux, plus expressif sur scène, et manquait aussi le grain de voix du gars introverti qui marmonne. Et puis, le chanteur jouait de la guitare ; alors que Mark Knopfler EST la guitare.

Dans tout ça, Private Investigations, Brothers In Arms, Sultans of Swing, Money For Nothing c’était énorme. Sur Money For Nothing le chanteur a remplacé faggot (“pédé”) par maggot (“asticot” mais aussi “minable”).

Dire Straits Experience

Là où le génie de Knopfler confine au divin, c’est que vous allez à ce concert, et près de quarante ans après la sortie de la chanson, vous vous prenez à être heureux de danser en chantant des paroles comme “on doit installer des fours micro-ondes/ des éléments de cuisine sur mesure/on doit bouger ces frigos/on doit bouger ces télés couleur”.

Après, c’est quand même des paroles suivies d’un solo qui claque.

Dextérité musicale incontestable, choix vestimentaires discutables

Au premier carrefour, un peu lassé du sable, j’abandonne le chemin pour la route qui le longe. J’arrive ensuite au village de Vriezenveen, puis à la ville d’Almelo.

Entre Vriezenveen et Almelo

Je me rends compte que je n’ai pris aucune photo d’Almelo, mais j’ai trouvé la ville bien accueillante, avec un petit port de plaisance au centre-ville.

Photo d’Almelo piquée sur Wikipedia

Le paysage a bien changé au fil de la journée : j’ai quitté les forêts du sud de la Drenthe pour la lande humide et davantage urbanisée de l’Overijssel.

Un ruisseau à proximité d’Almelo

Après quasi quatre-vingt-dix kilomètres dans les pattes, je commence à fatiguer un peu. À l’approche d’Enschede, je roule le long du canal de Twente. De l’autre côté, le stade de la ville semble bouillonner et effectivement, un match a lieu en ce moment même, opposant le F.C. Twente, le club d’Enschede, à Herenveen.

Stade d’Enschede

Au moment où je passe, c’est la mi-temps et le F.C. Twente mène par 3 à 0 et le match semble plié. Dernier but au pied de Brenet, sur une tête de Hilgers, après un amorti de la poitrine de Sampsted. Après quoi les employés du stade sont allés ramasser tous ces morceaux de joueurs éparpillés sur la pelouse.

Au bout du canal, c’est l’arrivée à Enschede. À la gare, je croise un groupe de punks à chats. C’est comme des punks à chiens sauf qu’ils se lavent et au lieu de boire de la 8.6 tiède, ils boivent du kombucha ou du maté.

Arrivée

Dans le train, je m’assoupis. Puis je fais des grimaces à une petite fille un peu ronchon. Fascinée, elle en oublie de pleurnicher.

Enschede

Bilan de la journée:

  • Distance : 91,85km
  • Temps de pédalage : 4h28
  • Dénivelée: 139m

N.B : j’ai un peu m*rdé avec la publication de cet article et donc il a été publié deux fois 🙄

I ain’t in your race ’cause I value my space
And the time that it takes to create
Can only try be myself bother nobody else
As I battle these wars alone
Pay no attention to you nor the things that you do
‘Cause you don’t seem to want to relate
And all the time that I spend by myself
Brings me closer to earth so I’m easy either way

3 commentaires sur « Lose My Mind : toujours plus à l’est »

  1. Toi tu es fou : tu prends les chemins sablonneux alors qu’il y a des routes qui les longent !!!! 🙂
    Mais par contre tu as la flemme de sortir l’antivol pour aller aux toilettes… 🙂

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  2. De beaux souvenirs avec Dire Straits !!
    Je ne savais pas que tu t’intéresses au foot 😅
    Tu as fait une belle balade sous le soleil en tout cas !

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  3. C’est un nouveau vélo ce Gravel ? Il faudrait un 2 roues motrices pour rouler dans le sable !
    Quoi qu’il en soit, les paysages de l’Est du pays semblent bien jolis.

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